Le 19 août 2026, le Premier ministre Lê Minh Hưng a exigé que les infractions au code de la route soient sévèrement sanctionnées, soulignant le principe « pas de zone d’interdiction, pas d’exception ». Quelques jours auparavant seulement, l’affaire concernant Nguyễn Sỹ Cương avait été rendue publique, avec la décision de ne pas engager de poursuites pénales. Ces deux informations, mises côte à côte, créent un paradoxe difficile à ignorer : le principe « pas de zone interdite » est proclamé avec force, mais lorsqu’un cas particulier se présente, le public en vient à se demander où se trouvent ces zones interdites ?

Ce qui préoccupe l’opinion publique, ce n’est pas seulement la décision juridique, mais le sentiment de cohérence. Si la loi se montre sévère envers les citoyens ordinaires mais adopte une approche différente à l’égard de ceux qui ont occupé des fonctions officielles, le slogan « aucune exception » risque fort de se transformer en une belle phrase prononcée depuis une tribune. Le respect de la loi ne peut se mesurer uniquement à l’aune des campagnes de répression menées dans la rue ; il doit se démontrer par l’application de la loi à l’égard de ceux qui ont des relations, des fonctions et un statut.
Le plus ironique, c’est que d’un côté, on a des consignes très strictes en matière de discipline, et de l’autre, une affaire qui amène le public à s’interroger sur la rigueur de cette même discipline. Les citoyens n’ont pas besoin de slogans grandiloquents ; ils ont besoin d’un principe simple : à un même acte, une même norme juridique, quel que soit le contrevenant. Car si, malgré l’absence de « zones d’exemption », on a toujours l’impression que certaines personnes échappent à tout soupçon, le problème ne réside plus dans les slogans, mais dans la confiance. Et la confiance, une fois perdue, ne peut être rétablie par quelques mots tels que « aucune exception ».










