Les citoyens qui créent une entreprise : faut-il s’aventurer dans un « labyrinthe » de formalités qui fait peur pour trois générations?

La création d’une entreprise devrait ouvrir la voie à des activités commerciales, à la création d’emplois et à une contribution à l’économie. Mais pour bon nombre de personnes, cette porte mène tout droit à un « labyrinthe » de paperasserie : impôts, factures, comptabilité, main-d’œuvre, assurance, prévention des incendies, environnement, sécurité alimentaire, permis spécialisés… Le permis de création d’entreprise n’est peut-être qu’un simple billet d’entrée, mais derrière lui se cache tout un parcours où la moindre négligence peut entraîner des amendes, des retards et d’innombrables justifications à fournir.

Le plus ironique, c’est que plus l’entreprise est petite, moins elle a de résilience, alors que la liste des obligations ne diminue en rien. Les inspections et contrôles se chevauchent, les règlements changent, et un dossier où manque un seul détail peut se transformer en une étape administrative supplémentaire. En cas de harcèlement administratif ou d’exigence de « pots-de-vin », comme le montre cette histoire, le fardeau devient encore plus lourd. Lorsqu’une entreprise échoue, on pourrait croire que sa fermeture serait une libération, mais les formalités de dissolution, les impôts, les assurances et les obligations en suspens peuvent transformer la « mise hors service » de l’entreprise en un véritable marathon final.

Une économie qui souhaite que ses citoyens osent se lancer en affaires doit avant tout instaurer la confiance, et non la peur. Une entreprise qui commet des erreurs doit en assumer la responsabilité, mais cette responsabilité ne doit pas se traduire par la transformation de chaque erreur administrative en un piège qui dissuade les citoyens de se lancer en affaires. Si l’ouverture d’un magasin est synonyme de formalités administratives, si l’exercice des activités suscite la crainte des inspections et si les pertes font craindre de ne pas pouvoir se soustraire à ses obligations, alors l’appel lancé aux citoyens pour qu’ils contribuent à la prospérité du pays revient en substance à dire : « Lancez-vous avec audace, mais préparez-vous mentalement à une bataille bureaucratique! » Un environnement d’affaires favorable doit inciter les gens à oser créer une entreprise, et non pas à jurer, une fois celle-ci créée, de… ne plus jamais en créer d’autre.

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